mardi 28 juillet 2015

Souvenirs en vrac



Je viens de passer deux belles semaines, hors de mes sentiers battus, de mes petites habitudes.


Nous avons commencé par quelques jours à Paris sous un soleil radieux.  Paris autrement.


Un joyeux pic-nic dans le parc Pereire avec le copain du koala et ses parents. Retrouvaille, mise à jour, rire. Je n’avais jamais pris le temps de faire ça pendant mes années parisiennes. C’est pourtant si agréable de rompre avec la routine, de casser le train-train et de s’assoir dans l’herbe en laissant les enfants s’amuser.


Se mêler à la foule du 14 juillet pour que le Koala puisse admirer les engins militaires et les soldats. Je m’y traine un peu mais je suis surprise et enchantée par la joyeuse ambiance familiale, la gentillesse des militaires et l’esprit « Vive la France » (un peu moins sur le passage du Président…)


De longues balades, j’ai découvert une église cachée derrière une affreuse façade moderne (heureusement assez rare à Paris). Si vous vous baladez rue du Faubourg St Honoré, au 222, plus ou moins en face de l’hôtel Salomon de Rothschild, poussez la porte de ce bâtiment sans âme et vous découvrirez un havre de paix et de fraicheur.  Je suis passée si souvent devant sans rien remarquer !


Découverte du nouveau zoo de Vincennes. Bof. Franchement, c’est un peu cher et l’expérience n’est pas mémorable (je ne sais pas si c’était la chaleur mais très peu d’animaux étaient visibles). Il vaut mieux aller à la Ménagerie du Jardin des Plantes, c’est plus abordable et je crois plus adapté aux jeunes enfants. Nos deux grands zoos favoris restent Pairi Daiza (Belgique-ne pas rater le bain des éléphants) et le Zoo de Beauval ( Loire).


Visite obligatoire au Jardin d’Acclimatation accompagnés de la jolie et charmante petite voisine pour gambader en hurlant dans les jets d’eau et revenir main dans la main en racontant leurs souvenirs respectifs de la Moyenne Section et leurs idées pour la « grande classe de la Grande section » ! Le koala découvre circonspect les règles d’une classe de maternelle catholique à Paris : c’est sévère !


Départ pour la Normandie avec un programme très D-Day. 

Heureusement, j’aime l’histoire et je suis souvent saisie d’une vive émotion à la lecture des témoignages des survivants, des biographies de ceux qui ont y laissé leur vie. Au cimetière américain de Colleville, les larmes me montent aux yeux au milieu de ce champs de croix blanches, un prénom, un lieu de naissance si éloigné de ces plages normandes...  Presque 10.000 garçons qui avaient à peine 20 ans. La gorge nouée, je prends mon fils par la main. 


Pour accompagner ces visites, je lis « Ils partiront dans l’ivresse » de Lucie Aubrac. Serions-nous encore faire preuve de tant de courage et de cran ? J’en doute. J’espère que l’histoire ne nous donnera pas l’occasion d’un test grandeur nature.


Je garde en mémoire cette citation de De Gaulle : «  Soyons fermes, purs et fidèles : au bout de nos peines. Il y a la plus grande gloire du monde, celles des hommes qui n’ont pas abandonné »


Allons-nous abandonner le combat du vivre bien, du manger bien. Les agriculteurs nous ont un peu compliqué les chemins des vacances mais ils ont raison. Trop de sacrifices déjà sur l'autel de la rentabilité effréné : l'éducation, la santé, l'alimentation..... Les petits villages normands sont presque déserts : difficile de trouver un boulanger, une crèmerie, un petit restau accueillant.... Les Leclerc, Intermarchés, Carrefour ont-ils déjà tout écrasé ? Restent quelques marchés et les zones plus touristiques.

Je rentre sous un ciel gris et avec un gros pull. Mais je rentre reposée et décidée !

Et vous les vacances se passent bien ?



jeudi 9 juillet 2015

L'art de la joie : la suite



Je me laisse souvent déboussoler par les petits soucis et gros tracas du quotidien. J’en oublie pourquoi j’ai choisi de changer de vie. Je retombe dans mon mode « petite fourmi ouvrière et agitée », je cogite, je me démène, je tournicote…

J’oublie que mon but n’était pas de devenir plus riche, plus compétente, plus gradée mais de gagner en qualité de vie, de profiter et de me marrer au moins un peu tous les jours.

Mardi, j’ai eu une sorte d’épiphanie. J’avais bossé le matin dans mon petit bureau, porte-fenêtre grande ouverte sur le parc, le chant des oiseaux, pas de réunions, d’open space, de crises. Il n’y avait que moi pour organiser mon travail comme je l’entends et je me sentais bien. En quittant le boulot, j’ai fait un plongeon dans une très belle piscine au milieu des arbres, j’ai nagé 30 minutes en paix, sans penser à rien d’autre qu’à mon incroyable chance. J’ai récupéré mon fiston à son stage. J’ai tondu la pelouse et arrosé les fleurs avant de faire à manger. Journée parfaite. Une journée comme j’en ai rêvé si souvent dans ma vie d’avant…..
Toutes mes journées ne sont pas ainsi. 

Il y a les doutes, les difficultés, les inquiétudes financières, la mélancolie mais j’ai de plus en plus souvent de belles journées simples.

Petit à petit, je me fabrique un collier de jolis moments :

-me préparer un thé vert et le parfumer avec des feuilles de menthe de mon jardin
-faire des bouquets de roses du jardin
-apprendre avec ma nièce à préparer un mojito sans alcool
-faire la connaissance de notre nouveau locataire : Zorro le Hérisson
-écouter mon fils me raconter sa récré dans la forêt
-dormir la fenêtre ouverte dans un silence campagnard
-me remplir de l’odeur des tilleuls
-prendre le temps de papoter avec la maîtresse d’Antoine
-inviter les copains et les copines de mon fils
-papoter au jardin avec la famille, les nièces, les cousines : recevoir un carton rempli de fraises et de groseilles en direct de la campagne.
-entendre mon fils rire, chanter, s'inventer des mondes imaginaires : le sentir bien, très bien
-avoir du temps : le luxe ultime.

Et vous ? Vous avez trouvé de jolies perles récemment ?

lundi 29 juin 2015

L’art de la joie.




Longtemps, j’ai été joyeuse, pétillante, optimiste, insouciante, fonceuse, indisciplinée, audacieuse.
Quand ai-je perdu cette folie douce ? Quand, où me suis-je égarée ?
Je n’ai aucune envie de m’allonger sur le divan et de creuser le passé. Mais.

Ces derniers temps, je perçois quelques rayons de légèreté entre les nuages d' angoisses et de nostalgie.  Je ressens une furieuse envie de rire, de danser comme les enfants, de faire des cumulets, de sauter sur un trampoline, de courir dans les vagues…

Je saisis les petites et grandes occasions :
-réserver des places pour le dernier spectacle de Valérie Lemercier.  J’adore son univers loufoque, ses imitations des enfants, des névrosés (comme moi)…
-lire « Les vieux fourneaux » - me bidonner avec ces grands-pères rebelles…
-faire des bêtises avec mon fils
-regarder « Joséphine »
-rire de mes tentatives de vie champêtre : mes plantations fantômes, ma lutte stérile contre les limaces tigrées

Vous avez des idées rigolotes pour se poiler un peu pendant l’été ?

Psssss pssss : je ne résiste pas à partager cette photo avec vous, je vous souhaite autant de joie et de gaieté pendant vos vacances …c'est tout le mal que je nous souhaite


dimanche 28 juin 2015

Bonheur du matin




Ce matin, j’ai aimé lire cette petite phrase de Mathilde Seigner :

“Je n’ai toujours pas l’instinct maternel. Je reste fascinée par le fait d’avoir un enfant. Cela a beau être banal, ce fut difficile pour moi. J’ai détesté la période bébé, car j’étais morte d’angoisse. J’avais peur qu’il tombe, qu’il meure, je refusais de lui donner son bain, je n’étais pas à l’aise. J’ai adoré quand il a commencé à marcher, à parler.  C’est maintenant, alors qu’il a presque 8 ans, que j’aime vraiment la maternité. C’est marrant parce que je ne m’attendais justement pas à être à ce point bouleversée par ce môme dont je guette aujourd’hui les arrivées à la maison pour pouvoir le boulotter. Ma vie tourne clairement autour de lui et cela m’étonne de moi. Je ne pensais pas que je pourrais être une mère”

Et bien, moin non plus, cette maternité ne m’est pas venue instantanément. Et cette sincérité, cette franchise me touche. C’est rare.  Ca fait du bien des discours non lissés, non consensuels.

Vous vous en fouttez mais je vous aime vraiment bien Mathilde et encore un peu plus maintenant.  Là dessus, je pense que je vais aller consulter : je commence à croire que je suis en contact avec les  “vedettes” (j’aime bien ce mot un peu désuet).

Beau dimanche à vous toutes.

jeudi 18 juin 2015

Une vie sans "like"




C’était un de ces matins gris et découragé... J’avais reçu, la veille, une fin de non-recevoir après une interview pour un job qui me plaisait. J’avais envie de rien….
Au lieu de faire quelque chose de constructif pour améliorer la trajectoire de ma journée, je me vautre dans Facebook.

Et là, j’ai l’impression de me prendre une lourde buche sur la tronche. Tous ces gens qui font des choses incroyables, qui ont des vies incroyables, des projets incroyables, des passions incroyables.  Et moi, je suis nulle et nul part (d’habitude je glousse sur FB mais là …  j’ai ressenti une grosse  déprime).

Première réaction : la révolte. Ahaha mais moi aussi madame, je vais avoir une vie incroyable à poster sur Facebook. Je sors mon arme fatale, la liste/planning/action et MAINTENANT je vais ….
1   1) perdre du poids 2) devenir experte en yoga/méditation/pilates et foodista pour poster mes adresses de resto pointus (très à la mode sur FB) 3) trouver un job cool/branché/bien payé/ dans lequel je dirigerai le monde sans stress et en ayant encore du temps emmener mon fils toujours nickel et bien sapé à la piscine/poney/hockey/ /anglais/chinois/yoga/stage de voile pour poster tout ça sur FB (évidemment sinon quel interêt) 5) me faire un look de dingue 6) me brusher/maquiller tous les matins comme si j’allais présenter le 20H avec Claire Chazal 7) prendre un abonnement sur Ryanair pour poster des photos de mes incroyables weekends dans d’incroyables destinations 8) écrire un roman à succès = devenir Guillemette Musso ou Marcia Levy au minimum 9) développer un blog très commercial 10) transformer ma maison cosy et douillette en une sorte de loft contemporain et vintage à la fois (je dépose le concept).

Et voilà, il n’y pas plus qu’à…….

Et ben non, finalement, non. Ca ira comme ça. Je crois que je vais plutôt arrêter de surfer sur FB. Et vivre ma vie à moi.

Il est vrai que j’ai viré le gros job, le gros salaire, le gros titre, et Paris (contre toute attente, c’est Paris qui me manque le plus).
Il est vrai que c’est parfois difficile de digérer tout ça, de construire autre chose. Mais j’avais mis 15 ans à construire cette vie qui en fin de compte ne me convenait plus. Alors, je peux encore bien me laisser quelques années pour construire autre chose : pas incroyable, pas pour poster sur FB, pour moi.

Et vous savez, ce week-end, j’avais un mariage et j’ai pu confier le koala à ses cousines, il a joué dans un grand jardin, avec des poules, des lapins. Il était tout content de passer du temps avec les grandes.

Et vous savez, lundi, je me suis chopée une angine, j’étais K.O. Ma maman a préparé des purées fraiches pour le koala et une soupe pour moi. 

Et vous savez, cet été, on va prendre, Choupette le lapin de l'école, en pension. 

Pas le genre d’évènements "incroyables" que l’on trouve sur Facebook et pourtant c’est tellement, tellement précieux.

Alors je me dis « tu es sur la bonne voie ma fille », continue et n’oublie pas ta devise 
« en avant, calme et droit ».

Là-dessus, je vais discrètement boire un verre à ma petite vie que je construis lentement, doucement, à mon rythme : une vie qui me va….à moi.