
Les gens polis et bien élevés sont les nouveaux extra-terrestres. Vous avez remarqué: des vrais petits ovnis. Je me surprends à sursauter chaque fois que je croise un représentant de l’espèce. Je ne veux pas dire que je suis une rustre qui crache et jure mais disons que je suis «normalement» polie et bien éduquée.
Sans vouloir revenir 10 siècles en arrière ou me la jouer résidence de chasse à Chamalières, les bonnes manières j’adore ça. Je trouve ça délicieux, reposant, rassurant. Je rêve de me promener au bras de Jean d’Ormesson, écouter ce Français impeccable, cette diction parfaite, sans parler de sa culture mais bon c’est un autre sujet. Oui je sais, j’ai des rêves dignes d’Angélique du Plessis-Bellière avant qu’elle ne devienne Madame Joffrey de Peyrac mais je m’égare…
Régulièrement, je m’achète un petit guide des bonnes manières et je feuillette les règles .
J’ai déjà «Le Bonheur de séduire, l'art de réussir: Le Savoir-vivre du XXIe siècle» de cette chère Nadine de Rothschild (la première qui rigole aura une tapette), «Le guide du nouveau savoir-vivre», et j’ai aussi «Le Savoir-vivre en 365 jours».
Je ne retiens rien, je ne change rien, mais je me sens plus civilisée comme si j’avais été faire un petit tour dans les livres de la Comtesse de Ségur.
Manifestement les bonnes manières sont à la mode. Madame de Rothschild justement a ouvert une école. Et il y a aussi à Paris «La belle école» qui, je cite, « première et unique Ecole d’Art de Vivre à la française, propose des ateliers interactifs et haut de gamme de gastronomie, élégance à la française, dégustations, savoir-vivre à la française. »
Dans le cadre de mon plan d’épanouissement professionnel, il y a peut-être ici la graine d’une idée. Je pourrais m’inventer un pseudonyme ronflant - Amélie Mélanie de Cazaux Smith - et enseigner les belles manières du Grand Siècle français aux Américaines et Japonaises en mal de vernis social. Je pourrais aussi m’associer avec Le Chat et on pourrait ainsi faire du théâtre toute la journée en se prenant pour des marquises et inventer des règles totalement absurdes. Je délire, je m’emporte: excuse-moi Le Chat...Mais que dis-je (!) : "je te prie de bien vouloir m'excuser".
Je conclurai par cette règle bien utile pour repérer un rustre et un malotru : «Le baisemain ne peut se faire que tête découverte».
Avec ça, vous voilà parée….























