
J’arrête.
Enfin, c’est vite dit et pas si facile….
Tout le monde sait que le Coca c’est pas bon mais de nos jours tout est dangereux : la cigarette, le saucisson, les bonbons, les frites, les portables, la pollution, le jambon, les chips, le pain complet non bio et à peu près toute la bouffe disponible au supermarché. J’ai même lu que les sacro-saints 2 litres d’eau par jour seraient en fin de compte nocifs !
Donc, jusqu'à présent, ma position était celle de l’autruche et je pensais bien qu’un jour, on trouverait des vertus au Coca.

Aucune rumeur ne m’effrayait : pas même celle qui prétendait que si on avalait une gorgée de coca avec un Mentos, l’estomac explosait…. Et je savais pertinemment que le coca est le meilleur produit pour enlever la rouille… et d’autres horribles histoires du même tonneau.
Mais voilà : j’étais accro à ma devise « un coca par jour, en forme toujours » – et les jours de petite forme je poussais même jusqu'à deux. Il m’est arrivée d’en boire au petit déj certains matins difficiles.
La vie coté thé vert, fruits et légumes, pollen et colza ne me tentait pas plus que ça….

Et puis j’ai rencontré le docteur Culpabilisator: j’ai senti son regard me transpercer jusqu’aux tréfonds de mon âme d’inconsciente pathologique, la terre a tremblé sous mes pieds. Et le verdict est tombé : la caféine et le sucre, deux ingrédients que l’on trouve à dose massive dans le coca, sont deux puissants réducteurs de fertilité. Le terrible mot était lâché: la culpabilité s’est abattue sur moi, me laissant toute tremblante de honte sur ma chaise. Content de son effet, le docteur Culpabilisator m’a donné deux mois pour stopper immédiatement, complètement, totalement ce satané liquide noir, me bourrer de vitamines, me trouer le corps d’acupuncture, me convertir en Master Yogi et m’immuniser contre le stress (là, malgré mon immense honte, je n’ai pu retenir un joyeux gloussement). Il a alors ajouté sur un ton impérial qu’un petit tour chez le psychanalyste voir le psychiatre serait d’une certaine utilité…..
Rien ne fait peur à Miss Zen: ni le psy, ni les aiguilles, ni les contorsions yogesques... mais arrêter le précieux breuvage : quelle plaie !
Et c’est effectivement une plaie : mon corps et mon cerveau me réclament leur dose, j’en ai par moments la tête qui tourne, le cœur qui bat. Ma main se tend mécaniquement vers la belle boîte métallique: c’est alors que je repense aux yeux d’acier de cet homme et je m’arrête net. Ce midi, j’ai quand même bu une gorgée….
Je me demande si c’est comme l’alcool ou la cigarette: si on y regoutte, on est cuit – je me demande si c’est grave si j’en bois juste le dimanche et si jamais le "Doketeur" il le verra à ma prochaine prise de sang et si il me giflait ?
Bonjour, je m’appelle Miss Zen et je suis accro au Coca depuis mes 12 ans – aujourd’hui cela fait 4 jours que je n’ai pas bu…..
Bienvenue aux Cocacolaliques Anonymes.