mercredi 30 avril 2008

Belles Lettres & Pattes de Mouche



D’abord, il y a Mamzelle Soso qui me demande de montrer mes pattes de mouche.
J’en profite pour partager quelques extraits de livre….
Je ne sais pas si vous arriverez à déchiffrer ma plume car je fais des O comme des A et des Q comme des A et des S de 30 façons et je ne ferme aucune lettre car j’aime laisser les portes et les fenêtres ouvertes… .Je n’aime pas ce qui est clos….


Et puis, il y a le délicieux Chat qui me demande mes petits secrets de parisienne. Mais je suis bien incapable de choisir. J’aime trop Paris, j’aime tout, même ses défauts, je suis une vraie provinciale car tout m’émerveille, point de posture blasée. J’aime tout sauf Colette et tout ce qui est trop emprunté, trop marketisé, trop ciblé…..
Voilà mes choix :

Magasin préféré à Paris :
Hermès pour rêver et pour désirer

Restaurant préféré à Paris :
Chez Ly, avenue Niel, pour souvent
Cibus pour de temps en temps
Le Grand Colbert pour quand j’y allais avec mes parents

Musée préféré à Paris :
Le Louvre : le vendredi soir
Le Musée Jacquemart André : un dimanche matin ensoleillé

Monument préféré à Paris:
Le Jardin des Tuileries, la Place des Vosges, les jardins du Palais Royal et s’il n’en restait qu’un : Le Parc Monceau.

Station de métro préférée à Paris :
Alma Marceau : pour s’arrêter et boire un thé
Campo Formio pour s’imaginer partir à Rome
La Muette : pour la force de l’espoir

dimanche 27 avril 2008

Miss Zen remue ses méninges



Parfois à la TV, il y a du bonheur. Hier soir, j’y ai rencontré une tribu éthiopienne.
Ne vous encourez pas: je n’ai pas l’intention de vous faire un cours magistral d’ethnologie.
C’était une de ces soirées où l’on zappe distraitement une dernière fois avant de passer définitivement à autre chose. Je m’arrête sur une grande tige blonde au milieu d’un paysage à couper le souffle. Je reconnais Adriana Karembeu, j’ai définitivement envie de m’encourir, mais quelque chose me retient : je n’imaginais pas l’Ethiopie ainsi, je ne l’imaginais pas aussi magnifique. A tel point que je passe outre Adriana Karembeu, qui se révèlera bien moins énervante que prévue.

Je me suis arrêtée sur « Rendez-vous en terre inconnue » consacré aux Amharas, tribu chrétienne des hauts plateaux. Je n’avais jamais vu cette émission: c’est bien réalisé, belle bande son (je découvre une certaine Emily Jane White), commentaires intelligents et pudiques. Je suis restée plus d’une heure avec cette famille de paysans luttant contre une vie de difficultés, de pauvreté, de rituels ancestraux avec le sourire aux lèvres et le cœur en bandoulière. Quant il a fallu les quitter, j’avais les larmes au fond des yeux. J’étais tombée sous le charme de cette famille, le père si digne et d’une modernité surprenante, le sourire inquiet et mélancolique de sa fille aînée. Un moment de partage, d’échange, de découverte, une heure pour remettre nos préjugés à l’heure.

Parfois à la radio aussi, il y a du bonheur.
France Culture que j’ai longtemps assimilée à des programmes de vieux radoteurs ânonnant des subtilités philosophiques totalement opaques. Grâce à France Culture, j’ai connu quelques petites perles de bonheur dans des matins gris et anxieux. J’ai fait la rencontre de Jean Nouvel, architecte hyper médiatique, mais que je découvrais réellement, éclairant et expliquant son travail, son approche, sa vision. Je me suis sentie plus intelligente (et ce n'est pas si fréquent).
Quelques jours auparavant, je m’étais déjà délectée de l’interview du Prix Nobel de la Paix 2006, Muhammad Yunus, dont la vision du monde et de l’économie m’a redonné espoir. Je me suis sentie plus optimiste et cela non plus ce n’est pas si fréquent.
J’aime quand cette bonne vieille TV et cette ancestrale radio me surprennent, me forcent à défricher mon cerveau engourdi, à balayer un bon coup mes préjugés et mes clichés.
J’aime quand je m’émerveille de la richesse des hommes.

jeudi 24 avril 2008

Petite histoire de fringues



L’histoire commence toujours de la même manière. Je repère une silhouette dans un magazine, un blog – il me manque une pièce. Cette fois, il me manque la parfaite petite marinière. Je pars à sa recherche dans les catalogues, les boutiques, les sites.
Je ne trouve pas la parfaite petite pièce. Je me sens frustrée, juste un petit peu puis la frustration monte comme un énorme soufflé qui éclate par un lamentable « je n’ai rien à me mettre ».
J’ouvre grand les portes de mon armoire, ça déborde. Je rectifie : je n’aime pas mon style. Non je rectifie encore: je n’aime pas mon « non-style ». Je pense à ces blogeuses, à la fille du mois dans Vogue, je m’agace toute seule.

Me revient l’envie de tout jeter, de recommencer à zéro, de brûler ces petits machins pas chers, un peu modeux…… Juste garder mes quelques beaux vêtements et mes basiques, et puis me construire une garde-robe intemporelle, graphique, simple, élégante. Je fais la liste de ces belles pièces : la jupe parfaite, le pantalon cigarette parfait, les ballerines parfaites : une trentaine presque du sur-mesure. J’irais bien demander de l’aide à Bruno Pieters, citoyen belge, actuellement chez Boss.



J’aimerais parfois en arriver à une seule silhouette le t-shirt bleu marine et pantalon de M.Armani, la chemise blanche de BHL : le coté gigolo en moins mais un uniforme et puis basta. C’est moins rigolo que de shopper mais par moments quelle prise de tête ces fringues, ce look, ce style….et que d’insatisfaction qui nourrit cette frénésie permanente.
Consacrer mon argent à la petite maison aux livres sans renoncer à une certaine élégance, mais régler la question « style » une fois pour toute !
Vous n’en avez pas marre parfois de la mode, du shopping, des tendances ? Et votre petite tenue de rêve pour affronter le quotidien, votre tenue miracle, c'est quoi ?

dimanche 20 avril 2008

Moi Miss Zen, droguée au Coca Light



J’arrête.
Enfin, c’est vite dit et pas si facile….
Tout le monde sait que le Coca c’est pas bon mais de nos jours tout est dangereux : la cigarette, le saucisson, les bonbons, les frites, les portables, la pollution, le jambon, les chips, le pain complet non bio et à peu près toute la bouffe disponible au supermarché. J’ai même lu que les sacro-saints 2 litres d’eau par jour seraient en fin de compte nocifs !
Donc, jusqu'à présent, ma position était celle de l’autruche et je pensais bien qu’un jour, on trouverait des vertus au Coca.



Aucune rumeur ne m’effrayait : pas même celle qui prétendait que si on avalait une gorgée de coca avec un Mentos, l’estomac explosait…. Et je savais pertinemment que le coca est le meilleur produit pour enlever la rouille… et d’autres horribles histoires du même tonneau.
Mais voilà : j’étais accro à ma devise « un coca par jour, en forme toujours » – et les jours de petite forme je poussais même jusqu'à deux. Il m’est arrivée d’en boire au petit déj certains matins difficiles.
La vie coté thé vert, fruits et légumes, pollen et colza ne me tentait pas plus que ça….


Et puis j’ai rencontré le docteur Culpabilisator: j’ai senti son regard me transpercer jusqu’aux tréfonds de mon âme d’inconsciente pathologique, la terre a tremblé sous mes pieds. Et le verdict est tombé : la caféine et le sucre, deux ingrédients que l’on trouve à dose massive dans le coca, sont deux puissants réducteurs de fertilité. Le terrible mot était lâché: la culpabilité s’est abattue sur moi, me laissant toute tremblante de honte sur ma chaise. Content de son effet, le docteur Culpabilisator m’a donné deux mois pour stopper immédiatement, complètement, totalement ce satané liquide noir, me bourrer de vitamines, me trouer le corps d’acupuncture, me convertir en Master Yogi et m’immuniser contre le stress (là, malgré mon immense honte, je n’ai pu retenir un joyeux gloussement). Il a alors ajouté sur un ton impérial qu’un petit tour chez le psychanalyste voir le psychiatre serait d’une certaine utilité…..

Rien ne fait peur à Miss Zen: ni le psy, ni les aiguilles, ni les contorsions yogesques... mais arrêter le précieux breuvage : quelle plaie !
Et c’est effectivement une plaie : mon corps et mon cerveau me réclament leur dose, j’en ai par moments la tête qui tourne, le cœur qui bat. Ma main se tend mécaniquement vers la belle boîte métallique: c’est alors que je repense aux yeux d’acier de cet homme et je m’arrête net. Ce midi, j’ai quand même bu une gorgée….
Je me demande si c’est comme l’alcool ou la cigarette: si on y regoutte, on est cuit – je me demande si c’est grave si j’en bois juste le dimanche et si jamais le "Doketeur" il le verra à ma prochaine prise de sang et si il me giflait ?

Bonjour, je m’appelle Miss Zen et je suis accro au Coca depuis mes 12 ans – aujourd’hui cela fait 4 jours que je n’ai pas bu…..
Bienvenue aux Cocacolaliques Anonymes.

mercredi 16 avril 2008

Quelque part dans un coin.



Je cherchais cette photo depuis des années – je l’avais vue lors d’une expo et je l’ai longtemps cherchée. C’était bien avant Google et au fil du temps, je l’avais un peu oublié. Je la retrouve par hasard en faisant des fouilles iconographiques pour mon blog et mes collages.

Quel plaisir et quel bonheur, c’est comme retrouver un vieil ami.

Il me semble que tout l’esprit de l’enfance est synthétisé dans cette image : l’instantanéité de l’enfance, cette possibilité d’appartenir totalement au présent, de s’immerger dans la réalité ou l’irréalité sans faire de différence.

Ces enfants me font rire, ils m’attendrissent, ils m’éblouissent, ils me rassurent sur l’essentiel.
On dirait du Doisneau mais c’est une photo d’Alfred Eisenstadt: j’avais même oublié qu’il était l’auteur de cette image qui m’avait tant marquée.

C’est étrange comme certaines photos marquent la mémoire : vous ne vous souvenez de pas grand-chose mais c’est une empreinte, un peu comme certains parfums. Des souvenirs insaisissables.

Vous en avez des images, des photos, des parfums jamais oubliés et que vous aimeriez retrouver ?

dimanche 13 avril 2008

Une vie à musarder


Reprendre le fil de sa vie – retrouver des petites habitudes abandonnées le long de la route.
Apres une longue traversée : je sais que je ne suis pas encore au port, je suis simplement à quai pour quelque temps. Je reprends mon souffle doucement. Et je me réapproprie le temps ; je me réapproprie mes envies et j’essaye de me les imposer : rêvasser, paresser, flâner, apprendre.

Décider de quitter le bureau à une heure décente un vendredi soir, longer la Seine, admirer la Tour Eiffel, retrouver Castor au Louvre, partir pour Babylone. Marcher dans les rues de Paris au crépuscule, s’arrêter en Toscane chez Cibus, minuscule enclave italienne rue Molière, où je dévore une cuisine simple et franche.

Faire claquer ses talons dans la nuit, emmitouflée dans mon imper, imaginer une seconde sauter dans une fontaine et se prendre pour Anika….

Glander à la Fnac : des envies de beaux livres sur l’art, des envies d’albums pour enfants, des envies de films.

Se prendre la tête au Monop : me teindre les cheveux ou pas ? Aller chez le coiffeur ou pas ? Me les couper courts ou pas ? Allez hop, un petit foulard: on décidera plus tard.


Penser aux vacances : houspiller le Castor, rêver de sable, de soleil, de sel, de peau rouge, de tongs…..
Une semaine en mai au pays : aller à Anvers, aller à Gand, voir la mer du Nord, monter a cheval, bavasser avec des amies et des copines. Préparer une pile de livres pour ma maman : je cherche des très bons qui la cloueront sur son canapé où elle doit rester le plus possible.

Les premières fleurs du Parc Monceau, le vert intense des arbres, quelques rayons de soleil triomphants des nuages, deux anges blonds qui courent. Et si je me faisais blonde ?

Paris-Roubaix : madeleine télévisuelle des dimanches après-midi avec ma grand-mère.



Attendre la nuit : se poser à deux devant un joli film, un peu triste, un peu mélancolique – rencontrer des beaux personnages, aimer Nathalie Baye quand elle nous chante une tendre ritournelle. Poser mes jambes sur le Castor.
Se mettre au lit avec un nouveau livre. Dormir.

mercredi 9 avril 2008

La fille qui m’énervait.



Prenez-moi pour une snob mais je n’aime pas les petits instituts. Je préfère les grands et prestigieux paquebots, les temples chics. Et ce n’est pas uniquement à cause de la double moquette et des poignées de porte dorées. Dans les grands instituts, quelqu’un a eu la bonne idée de dire aux esthéticiennes de la boucler.
Seulement voilà j’ai beau être une vilaine snob du soin, je ne me résous pas à m’épiler toute seule (oh la chochotte) et je ne me résous pas non plus à payer 40 euros pour une épilation demi-jambe (même si 2 demi-jambes, cela fait une jambe entière).
J’ai donc trouvé un petit endroit, derrière le bureau, où je paye 10 euros : vite fait, bien fait.

Pour mon plus grand malheur, il m’arrive de ne pas pouvoir y aller, il m’arrive d’oublier et de me rendre compte que je ne peux plus humainement imposer mes jambes velues au castor sans risquer une prestation compensatoire pour cruauté mentale….
Donc, je me précipite le samedi dans les petits instituts rarement complètement bookés. C’est là que je tombe sur des modèles divers et variés de « coconnes » (j’emprunte ici le nom d’un merveilleux personnage de « Eloge de la pipeautique »).

Le supplice commence invariablement par un « oooh vous avez été dans le coma ? » ou une remarque avoisinante.
Réponse : « naaan » histoire de leur faire comprendre que je ne suis pas du genre causante.
Rien ne désarçonne coconne, elle enchaîne : « votre peau est très seeeeeeeeeeche » - là j’essaye de lui faire comprendre que j’ai autre chose à foutre : « j’ai ENORMEMENT pris l’avion, ça dessèche très fort ».
J’entends généralement coconne déglutiner avec difficulté et je vois l’effroi au fond de ses yeux « une hôtesse de l’air si négligée mais quel manque de professionnalisme » soupire-t’elle intérieurement.

Elle m’ordonne de me mettre sur le coté avec le ton d’une prof de gym qui viendrait de demander à son élève de faire un triple salto arrière. Je prends tout mon temps, histoire de lui montrer qui est le chef.
Coconne continue son interrogatoire, elle veut sauver la souillon : « Vous faites des gommages, des hammams, des masques, des bains de vapeur, des frictions ? » : « oui je fais tout ça Madame quand j’ai envie…. »
« Mais combien de fois par semaine ? » Réponse invariable : « quand je le sens »
« Mais avec quel produit, quelle marque ? » : ma première envie est de lui répondre avec de l’Ajax, de l’eau de Javel et de la cire Cedar mais généralement je préfère citer la marque en vente dans son institut – ce qui calme coconne pour les 8 minutes qui restent.

Si la coopérative des petits instituts passe par ici, je reconnais que près de chez moi il y a un petit institut où l’esthéticienne ne pose pas de questions et raconte des histoires hilarantes sur sa vie mais il faut prendre RDV très longtemps à l’avance comme au théâtre….

dimanche 6 avril 2008

En avoir ou pas ?


Il était une fois une histoire imposée, un modèle universel : un garçon et une fille, ils se marient, s’achètent une jolie maison avec un jardin et un frigo américain, ils ont un joli bébé, puis deux, après ils ont aussi un chien, une grande voiture et des amis tous pareils. Il était une fois Miss Zen qui n’aimait pas trop le modèle mais qui aurait bien aimé un bébé de préférence sans la maison, le frigo américain et les amis identiques. Est-ce parce que je ne voulais pas des accessoires que le bébé n’a pas été livré ?

Je n’ai pas eu longtemps l’illusion que le bébé pourrait venir comme ça un beau jour, spontanément, naturellement. A partir de là, le bébé est devenu un choix. Choisir les piqûres quotidiennes, les traitements à répétition, les échecs, les déceptions. Choisir de recommencer, de re-essayer, d’espérer. Choisir la roulette à bébé : peu de gagnants et beaucoup d’épuisement.

Puis choisir : adopter ou pas ? Choisir quel âge, quelle couleur de peau, quel pays, handicap ou pas ? Je n’invente rien : ces questions sont posées. Après, on reçoit un ticket avec le menu choisi et il n’y a plus qu’à attendre. Parfois, on ne reçoit pas de ticket : il y a des gens qui décident si on peut vous octroyer un diplôme de parents potentiels…

Castor et moi, nous avons beaucoup choisi. J’ai compris que parfois on a beau tout faire comme il faut, être courageux, être décidés – j’ai compris que dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on veut… depuis, je suis fâchée avec les efforts.

Alors, parfois, j’ai du mal avec celles qui ont un bébé « comme ça » : sans essayer, sans tomber, sans pleurer. Et je me dis que je ne suis rien qu’une petite peste égoïste.

Et puis l’autre jour, je mange avec une amie – nous nous sommes rencontrées, jeunes étudiantes insouciantes à Manhattan. Elle me confie que son cousin a eu une petite fille et voilà : elle est la dernière de la famille sans bébé. Elle me confie que dans la chambre à la clinique, elle n’a pas pu s’approcher du berceau, elle n’a pas pu s’extasier, elle n’a pas pu féliciter. Impossible tout à coup de se réjouir du bonheur des autres. Mon amie pourrait avoir un bébé, enfin probablement, mais n’a point d’âme sœur, point de castor, point de divin mari. Et une blessure.

Choisir, renoncer, espérer ? Faire la paix.

Je reste sur cette phrase d’Audiard, lue dans le Elle : « Bienheureux les fêlés car ils laisseront passer la lumière ».

jeudi 3 avril 2008

Un peu d’humanité.



Il fait nuit, mais j’ai envie d’y aller. Je me prépare, petit rituel – et c’est parti 20 minutes de souffrance et de bonheur. Ce matin, je ne trouve pas mon souffle, mes genoux me gênent mais je suis bien, contente de retrouver les rues de Paris à l’aube.

Il fait jour, je rentre chez moi. J’écoute la radio. Je me faufile dans la circulation – quand je suis arrivée à Paris, je n'aurais jamais voulu y conduire maintenant c’est comme un jeux. Ma WiFi c’est ma Titine. Je me détends en conduisant, un état d’esprit….

J'ai bien connu un grand Monsieur du monde des chevaux – un seigneur, un sorcier – une race en voie de disparition. Il disait toujours : « il y a peu de mauvais chevaux mais beaucoup de mauvais cavaliers ». C’est peut-être la même chose avec les boss et les subalternes. Il faudrait faire méditer cela dans toutes les écoles de management et leur graver la devise du Cadre Noir : « En avant, calme, droit et avec légèreté »



Je disais donc : il fait jour et je rentre chez moi – l’appartement est beau – je reçois un mail de ma très chère amie de Rome – ma sorelina, un ange aux cheveux rouges. Elle me manque. Elle aimerait revenir à Paris si vous aviez des pistons dans le milieu de l’art : fondation, galerie, musée…

Pas de poisson d’avril, j’ai l’impression que la tradition se perd.
Au courrier, une lettre de Plan une organisation de parrainage d’enfants – Plan m’annonce que la vie de la petite Chinoise dont j’étais la marraine s’est sensiblement améliorée. Son papa a trouvé du travail et sa maman va bien. Plan m’attribue une nouvelle petite fille, elle a 10 ans, son papa a dû partir travailler dans une autre province. Je reçois une petite lettre traduite et sa photo. Ce week-end, je lui écrirai et comme toujours je mettrai quelques petites surprises : une ardoise en plastique, des crayons, des élastiques pour les cheveux….. C’est bien le superflu quand on a pas grand-chose.

Je me sers un verre de Chablis. J’essaye d’appeler le Castor à 9 heures de décalage de moi.Et si je regardais Le Grand Pardon, tout un univers… et Clio Goldsmith, quel canon !

Je vais me promener un peu sur les sites immobiliers, revassser à ma petite maison. Oh, si je gagnais au Lotto : une razzia chez Hermès, un joli petit appart à Paris et une belle maison au vert, des voyages, du temps pour écrire et lire. Je suis certaine qu’il y a des milliardaires qui ne sentiraient même pas 2 millions en moins dans leur portefeuille….

Demain ou après-demain, j’irai manger avec une copine.
J’irai peut-être au cinéma. J’appellerai Lili de S. Je ferai un collage.
Samedi, le castor sera de retour.
Et ce sera peut-être enfin le printemps, je pourrai aller pied nu dans mes sandales…quel joli songe.