dimanche 31 août 2008

Happy go Lucky



À la sortie, les blasés ricanent beaucoup : rires condescendants, commentaires désabusés.
Beaucoup de ces Parisiens ont pris Poppy pour une imbécile heureuse, une écervellée trash.
On peut effectivement passer à côté de Poppy, héroïne de "Be Happy", et voir le film comme une « chick comédie ». Et c’est la déception garantie. « BeHappy » est définitivement une comédie mais plus satirique et sociale que l’affiche et la bande-annonce ne le laissent penser
Il faut être attentif au jeu de cette actrice car sous la façade de son rire facile et parfois crispant, Poppy doute. Poppy n’est pas plus génétiquement programmée pour le bonheur que vous et moi. Elle a fait un choix, celui de prendre la vie du bon coté, de donner une chance à son existence, de croire aux autres et cela demande du courage car il faut combattre ce sentiment très confortable qu’est la tristesse.

Alors quel est le secret ? Il me semble qu’il réside dans son refus obstiné du train-train, des habitudes, dans sa soif de découverte, sa faim des autres, et peut-être dans son improbable style – Poppy est tout simplement heureuse d’être elle-même et de ce que la vie lui tend.
Poppy est enthousiaste, énergique, hilarante, bavarde mais jamais ridicule (chapeau à Sally Hawkins qui réussit un sacré tour de force)
Je n’ai pas ricané – j’ai admiré ce personnage. Respect pour la Poppy attitude qui demande plus de sagesse et de force que la complaisance et la morosité. Autant pour moi…..

jeudi 28 août 2008

Déluge



Bon, je crois que cette fois c’est la rentrée ! Enfin je ne rentre de rien, je continue mon petit bout de chemin.
Vous allez prendre de bonnes résolutions ? Moi, je n’ai pas envie, je ne le sens pas. Je me sens en suspension. J’attends des réponses et des inspirations. Je continue la traversée du tunnel mais je ne sais pas trop ce que je ferai à la sortie car je ne vois pas encore le bout.

Vous croyez aux coachs ? Je me demande comment on trouve sa voie, sa route ? Je me demande si un coach peut aider
Est-ce que je me fais des idées ? Peut-on aller travailler sereinement, l’âme en paix, sans se traîner ? Est-ce une question de confiance en soi, de motivation, d’environnement ?
L’entreprise repose-t’elle forcément sur la peur, sur le management par la sanction ? L’entreprise, ce haut lieu où toutes les frustrations pourrissent avant de devenir des armes de destruction massive que l’on tourne contre soi ou contre les collègues, tels des tireurs d’élites. Grâce à mon nouveau titre ronflant, je suis rentrée comme petite main dans le petit cercle du top management et ce n’est pas joli à voir. Cela ne vole pas tellement plus haut que chez les petits chefs, c’est juste nettement plus cruel pour le même niveau d’incompétence, mieux masqué par une belle prestance…..
Est-il possible de travailler pour une personne qui vous inspire, peut- croire en son travail, en son utilité ? Je rêve et « j’utopise » ? Je devrais plutôt relativiser.
Je vous pose plein de questions parce que j’ai plein de doutes. Est-ce que vous aimez votre boulot ? Vous avez trouvé par hasard, frappé à la bonne porte ou bien vous saviez depuis vos 8 ans que vous vouliez être comptable, traductrice, journaliste, illustratrice, dentiste ? Je me demande comment on trouve la réponse ?

L’autre jour en zappant, je suis tombée sur Benoît Poelvoorde chez Mireille Dumas. Il ne pete pas la forme ces temps-ci, mon compatriote. Il avait l’air franchement triste et désabusé et fatigué. Il parlait d’ouvrir une librairie et d’oublier les paillettes parisiennes. Je devrais lui écrire, on pourrait ouvrir une librairie belge, je devrais réfléchir au concept. C’est tout moi, 32 idées à la minute et pas une qui dure 1 mois et je reste coincée sur la case départ….

C’est pas tout ça mais vendredi soir, il y aura 88 millions d’euros à gagner à Euromillions ! Voilà qui me simplifierait la vie : plus besoin d’attendre la lettre du propriétaire pour connaître le prix de notre appartement, plus besoin d’aller à la banque avec mes 9 ans d’ancienneté et mon joli titre.
Je rachète tout l’immeuble CASH. Je sacrifie le 1er et le 2ieme étage pour ma piscine – au troisième, je loue à des gens sympas, le 4ieme je loue à des petits vieux pour écouter leurs histoires sur le pallier, le 5ieme je garde tout pour moi et le 6ieme sous les toits devient mon atelier ! Et puis non ce serait trop d’ennuis – avec 88 millions, je me paye la liberté !
Je vous laisse, il y a la Callas qui chante un de mes opéras préfèré « Gianni Schicchi » sur Mezzo – cela devrait calmer le flot incessant de mes pensées et de mes questions…..

samedi 23 août 2008

La béatitude du cancre



Miss Zen a été un cancre. Ma sœur était brillante; moi, j’ai très vite décidé que c’était bien trop fatiguant d’égaler cette grande bringue. Alors je laissais filer. Très vite étiquetée « rigolote, comique, petit clown », je me suis confortablement installée dans ce cliché pendant de longues années.

J’ai d'ailleurs gardé les réflexes du cancre : toujours persuadée que je vais échouer, que ce sera nul, que je ne vais pas y arriver.
C’est souvent pesant. Mais il y a un domaine dans lequel avoir une mentalité de cancre m’enchante : c’est l’histoire.

J’ai toujours adoré l’histoire : jamais de mauvaise note, toujours dans les 3 premières. Aujourd’hui encore, j’achète des essais, des romans historiques, des encyclopédies pour enfants, des DVDs. Je me ferais ensevelir dans la librairie du Louvre. J’aime autant la préhistoire que le Moyen Âge, l’Antiquité ou la Renaissance.
J’ouvre un livre et je plonge, j’oublie que je sais déjà comment ça se termine : mon esprit vagabond de cancre dissipé fait des merveilles : tout est possible ! Vercingétorix triomphera-til de César ? Napoléon va t’il gagner à Waterloo ? Marie-Antoinette sera t’elle sauvée par Fersen ? Charlemagne va-t’il vraiment inventer l’école ?

Alors, je me dis : je suis un sacré cancre et c’est sacrément génial !

lundi 18 août 2008

C'était l'été....



Fin de week-end du 15 août et tout le monde parle déjà de la rentrée !
Je m’insurge, je me bouche les oreilles, je tourne la tête : je ne veux rien savoir de cette rentrée : des livres qu’il faudra absolument lire, du sac qu’il faudra absolument trimballer, de la nouvelle petite marque chez qui il faudra se ruiner…..
Taratata : le 18 août c’est encore l’été , il reste 15 jours de grandes vacances et personne ne me volera ces 15 jours. Les marronniers du Parc Monceau sont d’accord, ils ne sont pas encore prêts pour lâcher leurs bogues sur la tête des passants. Ils les couvent encore à l’ombre de leurs grandes feuilles bien vertes.

Je pense à l’époque des herbiers que mon père m’aidait à compléter – lui qui connaissait presque chaque arbre des rues du quartier et chaque sentier de la foret Je pense à cette vieille jeep de l’armée qu’il avait récupéré et qu’il avait entierement retapé. On n’avait pas tellement besoin de parc d’attractions, on partait faire un tour en jeep dans les champs de Linkebeek, on lâchait les mains dans les descentes et l’on criait comme des possèdées. Mon père connaissait ces vieilles fermes, il avait probablement été en classe avec les fils. Personne ne nous tirait dessus à la carabine –, – on le saluait de loin. On n’avait absolument pas peur, on traçait notre route à l’image d’un père un peu fantasque, tellement différent des autres papas !
Je me demande où est cette vieille jeep ? Si un jour, je réalise mon rêve de la petite maison aux livres au milieu d’un joli jardin aux haies non taillées, je me vois dans cette vieille jeep que je mettrais une plombe à faire démarrer pour aller au marché, chercher les journaux au village….

Aujourd’hui les champs de Linkebeek sont couverts de villas de luxe.
Aujourd’hui, j’ai des rêves et des envies. Ma petite maison vaut bien quelques efforts; je fonce, je serre les poing, je m’accroche…..
Je pense à ces envies au fond de mon sac à dos : apprendre l’Italien, écrire, donner quelques heures aux autres. Pourquoi toujours reporter à demain. Je ne peux pas faire du présent exactement ce dont j’ai envie mais je peux faire beaucoup d’autres choses du présent.
Prendre les cartes que la vie nous donne et faire au mieux pour que la partie soit agréable, intéressante ! Et tricher un peu pour que l'été dure encore ....

vendredi 15 août 2008

15 août, mouchoirs et aspirines

J’avais prévu de vous parler longuement de Barcelone, de mes éblouissements, de la douceur du sud, de la vie qui s’écoule si différemment…
Mais ma cochonnerie de rhume fait un retour triomphal : je suis assommée, accablée, décimée… Je reviens dès que ma tête arrêtera de bourdonner.

Bon long week-end – j’espère que vous avez de beaux projets !

jeudi 7 août 2008

Histoire de la mère Miss Zen



Je vais vous raconter une petite histoire……
« Il était une fois une petite grange au milieu de nulle part. La grange était habitée par une troupe de petits animaux qui aimaient les concours et les compétitions. Un beau jour, un corbeau proposa à une mésange un concours de chant. La mésange accepta, elle pensait qu’elle pouvait facilement gagner car voilà longtemps qu’elle pratiquait le chant et elle avait un joli timbre de voix. La mésange et le corbeau choisirent le cochon comme juge. La mésange commença, elle chanta merveilleusement bien, elle chanta de tout son cœur et de toute son âme. Tous les autres animaux applaudirent avec enthousiasme. Puis ce fut le tour du corbeau qui chanta comme ….un corbeau. Les autres applaudirent poliment. Le cochon prit un moment pour réfléchir, se racla le gosier et annonça « le gagnant du concours est…. le corbeau ».
Un profond silence s’abattit dans la grange et l’on entendit les sanglots de la mésange.
Les autres quittèrent la grange, dépités. Un petit moineau posa gentiment son aile sur l’épaule de la mésange : « ne pleure pas : tout le monde sait que tu aurais dû gagner le concours ». Et la mésange répondit « je ne pleure pas parce que j’ai perdu. Je pleure parce que je me suis laissé juger par un porc »

J’aurais aimé connaître cette histoire à l’époque ou je me débattais avec Diabolo et Satanas….
Mais la roue tourne et le vie avec.

Demain, je pars pour 4 jours à Barcelone. J’emporte mes nouvelles sandales. J’emporte mon arc-en-ciel.
Je n’emporte pas de plan, pas de projet – juste l’envie de me balader le nez en l’air, mon cœur en plein soleil, mes rêves et mes espoirs au firmament.

dimanche 3 août 2008

Je vivrai, je vis, je ferai, je fais....



Je vais vous faire une confession. C’est le moment car la blogosphère est presque totalement déserte.
Je suis sincèrement convaincue qu’une des plus belles chansons jamais écrite est « La Maritza » de Sylvie Vartan: elle me donne des frissons……
Ça y est, vous pouvez vous arrêter de glousser.

Après cet aveu, je n’oserais vous dire que je me sens vraiment mieux, même si je me sens vraiment mieux.
Je ne fréquente pas de guru, je ne fume ni ne bois d’herbes exotiques. Je ne me suis pas mise au yoga, ni au Qi Jong.

J’ai un grand projet : moi et le présent, moi et le futur.
Je lisais quelque part que le bonheur, c’est « d’avoir ce que l’on veut mais surtout de vouloir ce que l’on a ». J’ai réalisé que j’avais passé ma vie à fuir le présent – je n’ai jamais vraiment essayé de vivre le présent au mieux car je passais ma vie dans le futur : dans mes rêves, mes fantasmes, mes projets, mes histoires. Et du coup, je planifiais, planifiais et je ne mettais rien en œuvre pour aujourd’hui – il n’avait pas d’importance vu que j’avais une meilleure idée pour demain. Il y a eu quelques exceptions, bien entendu, mais c’était ma ligne de conduite. Je fuyais le présent, ou je le subissais en pensant à demain comme à une terre promise.
Je mettais toute mon énergie pour demain et tant pis pour aujourd’hui. Je le subissais car j’avais l’impression de ne pas l’avoir tout à fait choisi.

Et puis je me suis dit : « wait a minute Miss Zen, depuis le temps que tu planifies un chouette futur et que ce futur ne se transforme jamais en réalité: si tu profitais d’aujourd’hui, si tu arrêtais de te mettre une pression folle en pensant à demain et que tu faisais tout simplement de ton mieux aujourd’hui sans délirer sur les implications futures? ».

J’essaye de focaliser mon énergie à faire fonctionner aujourd’hui plutôt que demain et je tente de reconnecter les deux.
Je serais bien incapable de jeter mes 22 carnets plein d’idées, de rêves, de projets – ils sont trop précieux, trop moi. Les projets font partie de la vie, mais ils ne doivent pas empêcher de se concentrer sur aujourd’hui, accepter qu’aujourd’hui n’est pas parfait et ce n’est pas grave car demain ne le sera pas non plus. La perfection est ennuyeuse et mortifère.

vendredi 1 août 2008

Miss Mary Zen Poppins



Je viens de passer 3 jours en enfance entre concours de WiiFit, raviolis, chouinements et émerveillements.
Cela fait du bien de passer du temps dans le monde des enfants: c’est éreintant parfois mais toujours instructif de re-découvrir la vie dans leurs yeux.
J’ai cette faculté de me remettre dans leurs chaussures, de revivre leurs émotions, leurs joies, leurs peurs. Je ne suis donc pas la reine de la discipline, mais du coup j’arrive à canaliser leur énergie de façon positive tout en gardant un strict minimum de civilisation et d’hygiène. Les écouteurs du bus à touristes sont devenus des cannes à pêche, l’hôtel des invalides s’est transformé en « le truc pour les handicapés », Hibernatus a été l’objet de folles supputations, le métro était un carrousel souterrain. Nous avons ri et parfois tremblé devant Kung Fu Panda, qui est aussi une jolie initiation au Zen: « Hier est derrière, demain est un mystère, aujourd’hui est un cadeau et c’est pour ça qu’on l’appelle le présent »…..
Je me suis sentie toute bête quand tout le monde est reparti, comme si j’avais été à nouveau chassée du monde des enfants et de la période bénie des grandes vacances. Parfois, hier est aussi un cadeau.