lundi 29 septembre 2008

L'art de la joie



À mon tour de répondre au tag « page 123 » qui est ma fois une façon très agréable de découvrir des bouquins. Pour répondre à Mamzelle Poupée, j’ai choisi de parler d’un livre merveilleux « L’art de la Joie » de Goliarda Sapienza (en photo) : portrait d’une femme, de femmes, de la femme dans une société rigide et traditionaliste : la Sicile de la fin du XIX au milieu du XX.
Modesta est une femme libre, sensuelle, fière, intelligente, indépendante et sauvage. L’écriture galope à l’image de cette vie qui refuse tous les clichés, tous les conformismes, toutes les facilités. Il faut du souffle pour suivre Modesta – il faut du cran pour être comme elle complètement femme tout en refusant pour elle et ses sœurs tous les carcans imposés par sa condition.
Elle nous entraîne à travers les soubresauts de l’Histoire, de ses passions, de ses amours, de ses révoltes…. Ce livre vibrionne et il est bon de se laisser entraîner dans cet art d’une vie choisie et non subie à un moment où le monde semble s’écrouler autour de nous.

Je prends donc la page 123 et je recopie les lignes de 5 à 10 :

« Dans le petit cabinet de toilette, je m’appuyai au lavabo et il s’en fallut de peu que je ne vomisse. Je tremblais tout entière, mais pas de douleur, comme le croyait Béatrice…La maudite…le fiancé terrifiant, la fête des débutantes, son désarroi devant la corruption mondaine. Et même la Vierge qui l’avait éclairée sur l’horreur qu’était l’homme. La garce, la vocation ! Et en attendant, elle avait eu, elle, un homme ! Pour calmer cette haine, je me mis à me gifler à l’eau froide, jusqu'à ce que je voie dans le miroir un visage de sœur apaisé et sans sourire. »

Je demanderais bien au Chat, à Bree et Rosemary si le cœur leur en dit de nous dévoiler leurs lectures…..

vendredi 26 septembre 2008

Think Pink



Octobre est le mois de la mobilisation contre le cancer du sein. Je tente d’apporter un petit caillou à l’édifice en relayant ici une très belle initiative du blog : Le Grenier de Farfalle.

Si vous souhaitez apporter votre soutien vous pouvez vous aussi en parler sur votre blog comme Mam'zelle ou ShopGirl puis faire appel à votre créativité en réalisant un texte, une photo, un collage ou une chose plus élaborée comme une broderie ou un gâteau, en rose , bien sur ! C'est tout simple, il suffit de :

1. Postez un commentaire sur le blog Le Grenier de Farfalle avec vos noms, prénoms (ou pseudo bien sûr) et adresse(s) de votre blog pour informer la blogueuse que vous participez ;
2. Faites un relais via votre blog afin d'inviter les personnes qui viennent vous visiter à participer elles aussi. Vous pouvez (c'est même recommandé) afficher le logo ci-dessous :

3. Prenez ensuite en photo votre création et envoyez-la dans cette boîte aux lettres : beatrice.pernot@neuf.fr S'il s'agit d'un texte, la procédure est la même.
4. Le 1er Octobre, affichez votre participation (ce que vous aurez envoyé à l'adresse mail) dans un article sur votre blog.L'ensemble des envois reçus sera exposé, par ordre d'arrivée dans sa boîte aux lettres, sur les deux blogs de Béatrice (Carnet d'Humeur et le Grenier de Farfalle) sous forme d'article soit sous forme d'album photos.
5. Tout le monde peut participer de 7 à 99 ans. Grands et petits. Filles ou garçons.

Allez-y, ne soyez pas timides ! Et n'oubliez pas de demander une mammo à votre gygy.

mardi 23 septembre 2008

1,2,3 Foncez


Je n’arrive pas à écrire un billet cohérent, j’ai toutes ces envies qui cognent et tourbillonnent. J’ai envie de tout faire en même temps, ….

Voilà des mois que j’ai envie de me lancer dans la mise en page, de tenter de dompter InDesign. Je tourne autour du sujet comme une enfant qui sait où est caché son cadeau et qui voudrait bien aller voir de plus près. Je suis gênée, complexée, j’ai un peu honte. Je n’y connais rien, c’est certainement très compliqué, et je n’aurai peut-être pas « l’œil ». Je fais ma Miss Zen, découragée d’avance. Et pourtant une petite voix me pousse et me rassure. Et avec les encouragements et les conseils de Castor, j’ai commandé un tutorial sur Amazon. Le Castor a fouillé sa bibliothèque et a déterré de très chouettes livres sur les layouts, les mises en page. J’apprends tout plein de trucs. Je sens que dès l’arrivée de mon tutorial mes heures de bureau vont fondre….

Je cherche encore et toujours un atelier d’écriture mais je ne trouve rien qui m’inspire ou qui convienne à mes horaires. Désormais, j’écris tous les jours toute seule : 4 pages comme un footing. Je m’impose des sujets ou pas, ces pages n’ont ni queue, ni tête. Je laisse ma main avancer, je ne sais pas où je vais, ni ce que je veux raconter mais je sais qu’une histoire viendra….éventuellement.

Par contre, je me suis inscrite à un atelier « couture sac ». Parmi mes nombreuses lubies, je caresse, à intervalle régulier, l’envie de me lancer dans la maroquinerie. Je visite avec délectation le site d’une école comme certaines visitent le site de Vente Privée ou des soldes on-line de Maje. J’adore les belles matières, les cuirs souples, les cuirs chauds, les coutures selliers : malheureusement dans cet atelier point de matière noble juste des vieilles chutes de tissus. Je verrai déjà si je parviens à ne pas coudre mes doigts à mon épaule. Va falloir la dominer cette machine….

Et il y a Guy Martin qui vient d’ouvrir une école de cuisine.
Il y a ce fameux cours de barre au sol.
Il y a cette envie de méditation.
Il y a mon petit bureau qui voudrait reprendre une apparence civilisée.
Il y a les cours de L’école du Louvre et ceux de Drouot.
Il y a quelques pièces de théâtre
Il y a ce stage de restauration de tableaux.
Il y a ces cours d’Italien.
Il y a des envies de soleil et de mer.

vendredi 19 septembre 2008

La meilleure façon d’avancer.



Je suis la reine de la « todo list » et plus particulièrement de la partie liste. Pour ce qui concerne le to-do, c’est assez moyennement convaincant.
Comment dépasser l’étape « jolies listes » dans les jolis carnets ?
Il parait qu’il est normal de passer par une phase d’analyse, assez frustrante pendant laquelle tout semble abstrait, inatteignable, effrayant. Et là aussi, je suis 1ére de classe !
Tout s’embrouille en phase « action », je perds mes moyens, prisonnière de la camisole de force de mes peurs.
Comment s’y prendre pour franchir l’obstacle ?
-La carotte : si je le fais, je m’offre : a) un sac Hermès (trop cher), un portefeuille Hermès (très cher), allez va pour le porte-clé….
-L’encouragement : je me paye tout de suite la récompense pour me prouver à quel point je crois en moi et je me fais confiance
-La mise en condition : j’achète tout l’équipement, le matériel, l’uniforme, tous les livres disponibles sur le sujet et le professeur particulier. En espérant que la post-culpabilisation me poussera à agir.
-La visualisation : tous les grands sportifs la pratiquent ; pas de victoire sans visualisation du parcours, de la course, du mouvement parfaits et du podium, de la coupe, de la médaille, du serre pince du Président et du bisou de Miss Zottegem. Je sens que je vais me plaire dans cette étape de visualisation, je me vois déjà sous toutes les coutures….
-La propagande : annoncer à tout le monde que cette fois ci: « ça y est, vous vous lancez... ». Si vous ne craignez pas le ridicule, vous êtes obligés d’avancer. Mais moi je sais depuis bien longtemps que le ridicule ne tue pas et qu’on finit toujours par en rire aux larmes lors des soirées bien arrosées…..
-L’autosuggestion : ne pas dire « je dois », « il faut » mais « je veux », « j’ai envie » - pas si facile car à force de jurer au castor « mais si je t’assure je DOIS acheter cette paire de ballerines – mais non je n'ai pas déjà 6 paires – je te dis que je DOIS » - j’ai fini par confondre les verbes d’obligation et les verbes de désir.
-Le coup de pied au cul ?
Et vous, c’est quoi votre truc pour arrêter de procrastiner ? J’offre un petit cadeau à celle qui me donnera le truc le plus efficace…..

dimanche 14 septembre 2008

Aux anges



Mercredi : Je m’étais assoupie. Quelle heure est-il ? Dans 4 heures, je présente l’actualisation du budget à la terreur des terreurs, celle qui a réussi à faire pleurer Satanas. Je n’ai pas dormi de la nuit, je n’ai plus de ventre, plus d’intestins, juste un gros pavé. Je jette un regard à travers le hublot, un pingouin sort des nuages…Il est tout joufflu, tout rond. C’est un bon signe un pingouin qui me salue !

Jeudi. 8h30. Je m’arrête au feu rouge. Je repasse dans ma tête cette longue liste d’inutilités qu’il est pourtant impératif que j’accomplisse aujourd’hui. En comptant serré, je sortirai du bureau vers 21h30. À ma droite, les manèges de la fête à Neu-Neu me font de l’œil: et si j’osais passer ma journée à la fête ? Dans mon rétroviseur, un beau jeune homme ne me voit pas, il se regarde dans son rétro : ses cheveux, ses cernes, son joli teint. Mais oui tu es beau jeune homme…. mais tu n’as pas une tête à venir t’amuser avec moi à la fête a Neu-Neu…

Vendredi = RTT (pour combien de temps encore ?). Je fais une pause papouille/beauté. La rue de mon institut est barrée pour cause de visite papale. Je suis bloquée, j’ai envie de m’énerver, mon œil s’arrête sur un asiatique, apparence très classique, rien à signaler. Il regarde l’embouteillage, paisiblement. Je n’arrive plus à détacher mes yeux de cet homme entre deux âges, son visage est d’une beauté "désamparante", des petites rides chatouillent un regard d’une immense douceur, une bouche qui sourit sans sourire. Et si c’était un ange ?

Ma peau est désormais nette, la ligne de mes sourcils a repris forme, mes ongles sont beiges rosé. Je célèbre cette renaissance esthétique en compagnie d’une délicieuse tartelette aux fraises : pâte sablée ferme et croquante malgré une généreuse couche de crème pâtissière, les petites fraises parfaitement rouges ajoutent une subtile touche d’acidité au sucre de la crème. Dieu serait-il à Paris avec le Pape ?

Samedi, jour du Champion, je fais une boucle par la Fnac. Je suis obnubilée par ce dictionnaire des synonymes vénéré par Anna Gavalda. J’y pense depuis des jours. Il est dans le rayon, je le feuillette, il est abîmé, écorné. Il me plaît, on dirait qu’il m’appartient déjà. Je l’emporte.

Après-midi dans mon fauteuil en compagnie des mots d’Henri Bertaud du Chazaud et quelques notes de Mozart « Piano concertos Nos 21 & 23 ».
Ah non ce n’est pas triste, ni morose, ni assommant. C’est aussi euphorique et rafraîchissant qu’un long week-end de septembre ensoleillé : la foule et le Pape aux Invalides, Miss Zen et ses anges dans leur nid.
Plus tard, je compléterai ma fresque avec un très léger « chick movie » : Suburban Girl.
Demain mon castor sera là.....

mercredi 10 septembre 2008

Lettre à une jeune fille pas rangée



Je suis plongée dans un petit bouquin basé sur une idée formidable : écrire une lettre à la jeune fille, à l’enfant que l’on a été. Que lui dirait-on à cette petite fille, à cette ado ?
Que sais-je aujourd’hui qui m’aurait été bien utile alors ?
C’est l’idée de « Letters to my younger self » - la journaliste a interviewé des dizaines de femmes plus ou moins connues et leur a demandé d’écrire une lettre à la jeune fille d’alors.
J’ai repris l’idée et je serai bien heureuse si certaines d’entre vous reprenaient aussi ce thème….

Ma chère Bouboule,

Tu sais déjà que tu ne rentres pas tout à fait dans les cases. Tu luttes pour être comme les autres, faire comme les autres mais la vérité c’est que tu préfères t’échapper dans ta tête, dans ton arbre, dans les histoires de tes grands-mères, loin des autres, du tableau noir. Tu vas essayer de rentrer dans le rang, tu vas te rebeller, tu vas échouer et puis lasse d’être le petit mouton noir, tu vas te discipliner au-delà de tous tes espoirs. Un jour, tu ne sauras même plus comment on fait pour se rebeller. Tu seras le meilleur petit soldat.
Tu vas perdre ta route et tu passeras de longues années à retrouver ta boussole intérieure, à arrêter de te remettre en question. Tu ne rentres pas dans les cases mais c’est ta force, ne te laisse pas faire, n’essaye pas de rester sur ce chemin tracé bien droit pas les gens sans imagination. Essaye autre chose, ne sois pas timide, écarte toi de la norme, n’essaye pas absolument d’être comme les autres, n’essaye pas de devenir celle que tu crois que les autres désirent. Tu n’y arriveras jamais tout à fait et tu vas passer une éternité sur des béquilles à essayer de trouver ton équilibre !
Plus tard, on te reprochera encore d’être trop gentille, de ne pas savoir "manager" mais ce sera ton triomphe – la preuve que Bouboule est restée au côté de Miss Zen – cela ne t’intéresse toujours pas de dresser les autres, de les mettre au pas, de les faire obéir – tu préfères toujours te mettre à leur place. Ne te laisse pas faire Bouboule, avance la tête haute, tire la langue, fagote-toi n’importe comment : ne prends surtout pas le chemin le plus balisé….
Mais tu le prendras et puis tu te réveilleras et ce sera difficile mais tu arriveras ! Allez Bouboule reviens sur ton petit vélo, Giuseppe sur ton porte-bagage et emmène Miss Zen dans ton petit panier loin du grand tableau noir de l’entreprise…..

dimanche 7 septembre 2008

Interrogations du dimanche



Il y a longtemps, j’ai lu cette phrase : « je me suis souvent interrogé sur le prix de la victoire : que perd-on en gagnant ? ».
Cette question est posée par Robert Redford dans une interview accordée à l’occasion de la sortie de « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux ». Il est vrai qu’au-delà de la fable écologique – ce film parle de la perte : perte d’un cheval, d’un mariage, d’une carrière, de l’usage d’une jambe, des illusions, …
J’y repense aujourd’hui car depuis plusieurs semaines, je suis face à un choix.
Choix et donc décision (aie !) que je serai obligée de prendre dans les mois qui viennent alors que cela fait des années que je me laisse porter par les événements ou les non-évenements.

Que perd-on en gagnant mais que gagne-t’on en perdant ? Je crois qu’on gagne beaucoup dans les échecs, les renoncements, les épreuves. Le film démontre que d’une perte peut naître autre chose – ni mieux, ni moins bien mais autre chose, un renouveau. Ce que l’on considère dans un premier temps comme un revers se révèle souvent avec le temps et la sagesse être un grand bien, une porte vers une renaissance.

Il y a dix ans, j’ai choisi de partir vivre à Paris – j’ai renoncé à mon travail d’alors, la proximité de mes amies, de ma famille, le confort et la douceur de la vie bruxelloise. Cette séparation fut assez douloureuse dans un premier temps et je l’ai vécue tout d’abord comme une perte. Mais voilà, je ne l’ai jamais regretté. Ma vie parisienne n’est pas parfaite, je suis tombée pieds et poings liés dans la vie trépidante et stressante de la grande capitale mais je suis bien ici
Si je repense à tout ce qui n’a pas marché pour moi ces dernières années –, – je me dis avec le recul que finalement c’est mieux ainsi – je me serais louvoyée en suivant certaines routes. Bien entendu, il y a des sujets d’échecs répétés complètement inutiles dont je n’ai rien retiré si ce n’est un certain pessimisme et une tendance au découragement. Mais j’ai appris à me relever, à chercher d’autres solutions, à ne pas renoncer : malgré tout.

C’est le célèbre « il n’y a pas de victoire sans échec ». Et si on a peur de l’échec, que l’on reste figé, il ne saurait y avoir de victoire. Parfois, j’aimerais ne plus bouger même si je sais que tout n’est pas parfait, même si je déteste carrément certains pans de ma vie. Je préfère parfois ne toucher à rien, de peur que tout s’écroule. Bientôt, je ne pourrai plus continuer ma vie d’autruche et il faudra bien prendre un risque ou en choisir un autre. Avancer.

jeudi 4 septembre 2008

Miss Zen à la remise de médailles



Lundi matin, j’ai eu le plaisir de découvrir que Laptitezoudesbois m’avait réservé une petite surprise.
J’étais élue parmi ses 4 « Brillant Blogger ». Autant vous dire que je dansais la carmagnole toute seule !
Et bien voila maintenant, c’est mon tour de choisir 4 bloggeuses.
"Choisir" un verbe qui me convient mal – je suis la reine de la non-décision, de l’hésitation, de l’incertitude et de la tergiversation. Après une longue bataille au cœur de mon petit cerveau, j’ai pris le parti de choisir des blogs d’illustratrices / dessinatrices. J’adore le dessin peut-être parce que je suis incapable de dessiner un nuage.

Laure Volume : ses dessins sont à la fois complexes et colorés, lumineux et mouvementés – d’une grande richesse dans les détails – le tout sur une double page d’agenda – chaque dessin me fascine.

Princesse Camcam : entre enfance et nostalgie – un univers poétique et féerique.

Deconstructing Tonino : une pubarde comme moi mais qui voit la vie en agence du côté humour. Elle est drôle, légère, malicieuse et sarcastique. Et en plus elle est chouettement sapée !

Le blog de Trompoline : Trompoline est bruxelloise et j’aime son trait, son humour en douceur et en tendresse : une petite touche d’espièglerie sur le quotidien.

Et voilà si le cœur vous en dit, vous continuez la distribution des médailles – je joins le logo officiel. Bonne journée.