lundi 29 juin 2009

Que (la) grâce leur soit rendue



Je ne vous apprends rien Michael Jackson est mort. Farah Fawcett aussi.
Je ne vais pas les comparer : les gênes du talent avaient été trop injustement distribuées entre la star et la vedette même si leur fin fut d’une égale tristesse.
Je vous en parle parce que ces deux lascars ont occupé une place de choix dans mon panthéon personnel….

À l’époque, je vivais sous les cieux bruxellois. Je portais des jupes, des collants, des sous-pulls, des écharpes et des bonnets en « laine Spontex », dans des joyeux coloris allant du bleu marine, au bordeaux,, voire au vert sapin.
Nous ne connaissions pas les people. Les vedettes, c’étaient le Roi Baudouin et la Reine Fabiola, Mireille Mathieu, Adamo, Georges Brassens, Joe Dassin et Dalida pour la touche glamour. La seule touche de coolitude nous venait de Claude François et Sheila…. Aaah Sheila, son short et ses bottes en lamé rose et ce foulard si astucieusement noué autour de sa cuisse ; elle était pour moi le comble du chic distingué, un modèle !

Et puis j’ai découvert « Les drôles de dames » : la coolitude entrait dans ma vie. Cette Jill Monroe, allias Farah Fawcett Majors, avec ces 88 dents étincelantes, cette crinière blonde, ce teint de miel m’éblouissait. Et cette photo sur sa planche à roulettes (on ne disait pas encore skateboard, enfin pas moi), son jean moulant et ses baskets Nike m’obsédaient ! Ma vie en fut bouleversée à jamais.
Je tiens néanmoins à préciser que lorsque avec ma sœur, nous jouions aux « Drôles de dames », je préférais toujours jouer Kelly Garett/Jacklyn Smith (l'autre comble du chic distingué). Jill c’était une bête de sex-appeal et je me rendais bien compte qu’avec ma maigreur, mon teint pâle et petites boucles brunes, je n’étais pas du tout crédible, même pas dans ma tête. Alors que Kelly était plus accessible : ce qui donnait lieu à des discussions sans fin car ma sœur voulait aussi être Kelly !
Moi : « t’es bête ou quoi, toi t’es blonde et t’es grande, c’est toi Jill Monroe »
Ma Sœur « non c’est toi qui est bête, tu devrais prendre le rôle de Sabrina, c’est elle la plus maligne » (elle me prenait vraiment pour une conne)
Moi : « mais je m’en fiche d’être la plus maligne, je vais être la plus distinguée »
Généralement, je cédais mais sur le papier uniquement parce que dans ma tête Kelly, c’était moi !
Bref revenons-en à nos moutons : avec Jill Monroe, je découvris un autre monde, une autre planète, je savais désormais qu’il y avait une vie en dehors des kilts en laine !

Quelques années plus tard, j’ai su dans ma chair que le salut viendrait de l’Amérique (on ne disait pas les States, on disait l’Amérique comme dans la chanson de Joe Dassin, voire plus haut). Michael Jackson et son « Thriller » déboulait dans le Hit Parade de RTL et au plus profond de mon être, plus habitué à « Emmène-moi danser ce soir » et « Laisse les gondoles à Venise » : j’avais marché sur la lune.
Il y a eu ces clips, cette façon de danser, ces tenues délirantes, ces rythmes envoûtants et ces paroles auxquelles je ne comprenais rien et que j’ânonnais telle une panade en me secouant comme une sauvage (convaincue d’imiter le maître à la perfection).
Et puis, il y a eu cette mélopée inoubliable et frissonnante « We are the Wooooooorld »: comme ils étaient cools avec leurs casques, leurs t-shirts, leurs beaux sourires et cette façon de se balancer l’air de ne pas y toucher. Personne autour de moi n’avait cette dégaine, cette décontraction, cette jeunesse. C’était décidé, il fallait que je parle anglais, il fallait que j’aille voir cette planète de plus près... De mes 12 à 20 ans, je n’ai eu qu’une idée fixe partir en Amérique ! Michael Jackson m’avait montré l’horizon, l’Eldorado…..

Entre temps, il y avait eu les Jeux Olympiques de Los Angeles, il y avait eu « E.T. » et cette scène historique pendant laquelle des gamins de mon âge commandaient sur un téléphone spatio-temporel des pizzas qui arrivaient quelques minutes après : par la porte !!!!!! J’avais trouvé tout cela extraordinaire – mon téléphone était encore un lourd machin en bakélite et il fallait une force d’althérophile pour faire tourner le cadran. Et je ne vous parle même pas de leurs vélos avec leurs petites roues et leurs guidons super-cools, des modèles très éloignés du mien qui n’avait guère évolué depuis 1914 !

Bon dieu si vous pouviez nous rendre un peu de cette énergie, de cette naïveté, de cet enthousiasme et de cette créativité …..

PS pour Lili de Marrakech : tu te souviens du concert? Encore merci de m'avoir accompagnée et conduite et supportée !

jeudi 25 juin 2009

L’escargot



L’air bruisse du tumulte des vacances.
Le rythme s’agite dans mon immeuble : on remonte les malles et les valises du fond des caves, les mères discutent sur les paliers de crèmes solaires, d’anti-moustiques, de gourdes pour les camps scouts et des stages des ainés.
Moi, je fais l’escargot. C’est l’effet Pulco : il fait trop beau pour s’agiter.
Je fais tout lentement, doucement, mollement. Je ne fais presque rien.
J’entends ce monde qui se précipite vers les vacances. Je contemple de loin.
Je développe le syndrome d’Alexandre le bienheureux….Je ne me reconnais pas !
Je ne prévois rien, je ne liste rien, je ne promets rien : je me laisse vivre.
Advienne que pourra : la plus belle des promesses pour mes vacances.

vendredi 19 juin 2009

Itinéraire de lecture



1# Plutôt corne ou marque-page ?
Marque-page pour savoir où j’en suis : j’ai une super collection mais je finis toujours par utiliser un truc pourri.
Et je corne les pages quand certaines phrases me ravissent….

2# As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?_
Plein, plein, plein.
J’en reçois plein du Castor et de ma mère. Je me souviens d’un matin de Pâques dans le petit appartement de Wenduyne : je me suis levée et dans le salon, il y avait au moins 15 albums de Martine !!!!

3# Lis-tu dans ton bain ?_
Oui, j’ai une très bonne recette : 3/4 de Tahiti Bain Moussant Coco (pardon M. Arthus B.) + 1 verre de vin blanc bien frappé. Je recommande néanmoins de ne pas commencer un livre dans un bain, il vaut mieux attendre le moment où vous êtes bien mordues, c’est meilleur !

4# As-tu déjà pensé à écrire un livre ?_
J’essaye péniblement – je pense que cela va me prendre 20 ans !

5# Que penses-tu des séries à plusieurs tomes ?_
J’aime beaucoup les sagas historiques : "Les rois maudits" ou la trilogie moyenâgeuse d’Edith Pargeter allias Ellis Peters ou "Les enfants de la terre", sublime saga préhistorique…

6# As-tu un livre culte ?
Le cœur est un chasseur solitaire : pour la voix de Mick, sa tranquille douceur dans son monde de pauvreté et d’ennui, et sa foi dans le peu de beauté qu’elle rencontre
Gatsby le magnifique : le livre de la nostalgie
La petite dame en son jardin de Bruges : pour cet hommage si bouleversant à sa grand-mère. J’aimerais être capable de pouvoir exprimer ces choses

7# Aimes-tu relire ?
Je ne le fais jamais, je suis parfois tentée mais je crains de ne pas retrouver la même émotion

8# Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?
J’ai rencontré Jean d’Ormesson au salon du livre de Bruxelles, j’avais 20 ans, j’étais la seule dans la file sans carte vermeille, ce qui a dû rendre ma niaiserie touchante. Évidemment, il fut charmant. Evidemment j’ai pas vraiment réussi à ouvrir la bouche. J’aimerais bien recommencer, mais je suis si gauche dans ces moments-là

9# Aimes-tu parler de tes lectures ?
Pas tellement, je n’ai pas de talent pour ça –, – je suis une lectrice très primaire, très instinctive – et j’ai du mal à traduire mes impressions, mes émotions

10# Comment choisis-tu tes livres ?
Je repère dans les magazines, les journaux, vos blogs. Je vais humer les rayons de la Fnac. Je fais souvent confiance aux libraires, à leurs petits mots (notamment chez Livre Sterling, avenue Franklin Roosevelt)

11# Une lecture inavouable ?_
J’assume pas trop les bouquins de Self Help dont j’ai pourtant fait une grande consommation à une époque où je pensais que tout devait être parfait….mais c’est tellement mieux avec des failles.

12# Des endroits préférés pour lire ?_
Au lit, sur mon balcon, dans un jardin, sur un transat, dans un bain, aux toilettes…..
Mais je ne lis pas très bien en train ou en avion, le mouvement me perturbe et je m’endors.

13# Un livre idéal pour toi serait ?
Celui qui m’apporte la paix, un peu de sérénité

14# Lire par dessus l’épaule ? Beurk

15# Télé, jeux vidéos ou livre ? Livre.

16# Lire et manger ? Les 2 !.

17# Lecture en musique, en silence, peu importe ? Silence, jazz ou classique mais pas de paroles.

18# Lire un livre électronique ? Je passe

19# Livres empruntés ou livres achetés ? Achetés

20# Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?_
Je lis « La consolante » et je crois que je vais enchaîner avec « La physique des catastrophes » ou peut-être que je vais enfin commencer « Millenium ». Je suis officiellement en mode lecture d’été.

21# As-tu déjà abandonné la lecture d’un livre ?
Rarement et je déteste – souvent je range et j’y reviens quelques mois après pour voir mais généralement je n’arrive pas à me rabibocher

22# Tu taggues qui ?_
Fauvette , Le Mulot, et May si le coeur leur en dit.....

dimanche 14 juin 2009

Ma consolante


Un dimanche avec des envies de rien, parfois ça sert à ça les dimanches.
Ne pas faire ses devoirs, ne pas répondre au tag du Chat, ne pas …… et remettre à plus tard, un autre jour.
Ne rien faire, fermer les yeux, laisser le soleil vous réchauffer un peu.
Observer une coccinelle se poser sur mon bras : quelle est la probabilité que cette petite bête se pose là, à ce moment-là. Elle me dit quoi ?
Je la chasse, je lui dis d’aller voir ailleurs, je veux rester tranquille. Elle part se cacher et ressort de ma manche quelques minutes plus tard, sans crier gare
Est-elle revenue pour me dire de croire au merveilleux, de croire encore ou au moins essayer ?
Je ne sais pas. Je préfère manger un brugnon. Je préfère commencer « La Consolante ». Je préfère ne pas trop penser.

mardi 9 juin 2009

Un peu de douceur


Les vacances sont finies. Pour adoucir leur souvenir, j’ai envie de partager un peu de poésie. En lisant le dernier billet du Chat, je pensais qu’elle avait vraiment raison : la poésie manque cruellement dans nos paysages. Et pourtant, elle aide à vivre. Pour accompagner nos joies et nos douleurs, le poète nous tend la main.
Voilà, j’ai choisi un poème des « Contemplations » de Victor Hugo :

Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse
Nous apportait l’odeur des fleurs qui s’ouvrent tard
La nuit tombait ; l’oiseau dormait dans l’ombre épaisse.
Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse ;
Les astres rayonnaient, moins que votre regard.

Moi, je parlais tout bas. C’est l’heure solennelle
Ou l’âme aime à chanter son hymne le plus doux.
Voyant la nuit si pure et vous voyant si belle,
J’ai dit aux astres d’or :Versez le ciel sur elle !
Et j’ai dit à vos yeux : Versez l’amour sur nous !

jeudi 4 juin 2009

En règle générale.




Il faut toujours savoir ce que l’on veut et surtout ce que l’on ne veut pas en passant la porte du coiffeur ou de l’esthéticienne. Sinon, on peut facilement se retrouver avec une permanente, un balayage à 400 euros ou un sérum à 120. J’étais rentrée pour une simple épilation des sourcils et je me suis laissée embobiner pour une coloration semi permanente. Résultat : je ressemble à une actrice de Kabuki et je prie jour et nuit pour que le terme "semi " ne soit pas usurpé…. Bon dieu soyez indulgent !
Il paraît que la couleur devrait significativement s’atténuer dans les 4 ou 7 jours.
Il paraît que dans 6 mois tout devrait avoir disparu (bouhouhou)
Il paraît qu’on ne voit pas la différence mais c’est l’avis du castor qui ne remarquerait même pas si Barak Obama était assis à côté de lui…..
J’envisage sérieusement une action en justice pour « acte de barbarie commis sous hypnose non consentie ».

Il faut toujours éviter les restaurants qui prennent des réservations par Internet et dont les maîtres d’hôtel vous accueillent avec une oreillette.
Au Café de l’Homme (de Néandertal), on vous reçoit comme dans une boite de nuit, le pseudo maître d’hôtel est une caricature sous cocaïne de Pierre Palmade. Ses assistants sont habillés comme des représentants de la marque Bling-Bling (plus gros les logos de luxe). Ils communiquent par oreillettes mais il doit y avoir un court-circuit parce qu’ils emmènent toujours les clients à des tables déjà occupées. Les serveurs et les serveuses sont recrutés pour leur ceinture Hermès ou leurs chaussures Dior mais certainement pas pour leurs compétences ou leurs bonnes manières. Les cuistots sont probablement recrutés chez Flunch.
Au Café de l’Homme, la vue sur la Tour Eiffel est belle mais réservée aux clients qui adhèrent au culte du bling-bling sinon on vous ordonne de vous asseoir « là où l’on vous le dit » même si on demande gentiment et poliment.
Au Café des Crétins : on parle aux clients comme s’ils ne payaient pas les salaires du maître d’O et des serveurs. Sauf si vous êtes Bernard Kouchner et Christine Ockrent alors comme par magie la plus belle table se libérera, 5 serveurs se précipiteront , mais ils mangeront tout aussi mal (consolation).

En règle générale, je ne devrais pas oublier mes bonnes vieilles règles même si il fait beau, même si les vacances me montent à la tête, même si…….